lundi 17 mars 2008

Appel à souscription

J'ai le plaisir de vous faire part de cet appel à souscription en faveur du Racing Club de Barakani. Je compte sur vous pour donner un coup de puce à cette association sportative qui fait un travail éducatif remarquable.


Appel à souscription
pour Racing Club de Barakani

Plus de 80% des licenciés de Racing Club de Barakani (RCB) sont des jeunes de moins de 20 ans. A Barakani le football demeure la seule activité extrascolaire structurée. Le RCB est plus que jamais le meilleur relais des familles et des pouvoirs publics dans l’encadrement périscolaire des jeunes de notre village. Cela donne au club des devoirs dans l’éducation des jeunes du village. Le RC Barakani entend s’appuyer sur l’amour du foot de ses jeunes licenciés pour leur transmettre des valeurs fondamentales pour la réussite de leur vie d’Homme, de citoyen.

Pour assumer cette noble mission, le club met à la disposition de chacun de nos jeunes les équipements individuels et collectifs nécessaires et envisage d’améliorer leur encadrement en multipliant par trois le nombre d’éducateurs d’ici la fin de l’année 2008.

Ces réalisations importantes pour notre village ont un coût que malheureusement les recettes habituelles du club ne peuvent pas couvrir. Malgré cela, la direction du club ne peut se résoudre à abandonner cette ambition pour les jeunes. En conséquence, il a paru nécessaire de lancer le présent appel à souscription pour alléger les finances du club soumises à rude épreuve. Le montant de la participation est libre.

Les chèques doivent être établis à l'ordre Racing Club de Barakani et envoyés à Racing Club de Barakani, 97670 Coconi Mayotte. Les dons en espèces doivent être remis à Messieurs Nayim AHAMED dit Belloumi (Gsm : 0639090647) et Mohamed MAHAMOUDOU dit Mché Boina (Gsm : 0639206514) respectivement trésorier et trésorier adjoint du Club.

Même si les donateurs sont le plus souvent des passionnés, il n'est pas inutile de rappeler que ces dons sont déductibles du revenu imposable. Ainsi, le RC Barakani vous remettra une attestation de reçu contre votre don.

Bien à vous,


Le président du Racing Club de Barakani


samedi 24 mars 2007

Un préfet sous les tropiques

Lundi soir, Vincent Bouvier le tout nouveau préfet de Mayotte s’adressa aux Mahorais depuis un bureau de la préfecture. Cette intervention télévisée se voulait une réponse musclée du représentant de l’Etat aux « dérives xénophobes et déclarations (…) contraires aux valeurs de la République » relevées lors des mouvements sociaux de ces derniers jours. Je souscris sans réserve à la condamnation des propos et slogans racistes. Malgré tout, je m’interroge sur l’opportunité de cette allocution stigmatisant les Mahorais ainsi que sa mise en scène trop élyséenne.
Tout d’abord le devoir de réserve fait partie des obligations du préfet même en dehors des périodes électorales. Dans aucune région de France, un préfet ne s’adonne à des discours télévisés. La discrétion de son prédécesseur n’a jamais nui à son efficacité, bien au contraire. Pourquoi M. Bouvier s’accorde à Mayotte des libertés qu’il ne s’imaginerait même pas dans d’autres collectivités de la République ? Si le préfet de Mayotte constate des distorsions aux lois de la République, il dispose de toutes les prérogatives pour appréhender les coupables et les traduire en justice. C’est cela la règle dans un Etat de droit. Au lieu de cela, M. Bouvier se précipite à la télé, avec un ton menaçant, pour réagir à des tracts et vilipender les Mahorais dans leur ensemble.
Cette intervention est aussi une atteinte à la liberté d’information de nos journalistes. L'état de la presse est, partout, un excellent révélateur de l'état des pratiques démocratiques et de la liberté d'expression. A cette aune, Il est inquiétant d’acculer RFO Mayotte à des pratiques de « télévision d’Etat » c’est-à-dire une télévision fade, lieu privilégié de la propagande officielle. M. Bouvier en intimant l’ordre à RFO de venir chez lui, enregistrer son discours, sans possibilité aucune de poser la moindre question, a réussi la mise au pas de la rédaction de RFO, en moins d’un mois de présence dans l’île. On n’est plus dans le système d’apparence formelle de liberté doublée d’un contrôle préfectoral à tous les niveaux, un système discrètement verrouillé. Non. M. Bouvier agit à visage découvert. Les journalistes mahorophones de la station de Pamandzi sont jugés indignes ou incompétents (que sais-je ?) pour traduire les propos du nouveau homme fort du rocher de Dzaoudzi. Comble du mépris et de l’humiliation, le pauvre Henrifina fut prié de lire une traduction préfectorale.
Enfin, le décorum de cette intervention est tout aussi critiquable. La République c’est aussi et surtout des symboles. Pour donner à sa prestation télévisée un caractère solennel, M Bouvier a cru bon jouer au Président de la République. Il s’est assis droit face à la caméra avec le drapeau tricolore en toile de fond ; il ne manquait que la Marseillaise. Même sous les tropiques, un préfet reste un simple fonctionnaire de l’Etat. Il ne doit en aucune manière pousser l’excès de zèle jusqu’à se substituer à une sorte de pseudo-Président de la République délégué au territoire de Mayotte. C’est une dérive d’un autre temps.
Le préfet veut se montrer intransigeant sur le respect des valeurs de notre République. Il a raison, il faut le soutenir et l’encourager dans cette voie. Il faut juste qu’il n’oublie pas de commencer par appliquer à lui-même l’impératif de respect des règles communes.

dimanche 31 décembre 2006

La tête de Saddam Hussein offerte en sacrifice

Condamné à mort pour crimes contre l'humanité (massacre de 148 villageois chiites de Doujaïl) le 5 novembre dernier, Saddam Hussein, l’ex-raïs irakien a été pendu samedi matin quelque part à Bagdad. L’ancien président âgé de 69 ans, a été inhumé ce dimanche matin peu avant l'aube dans son village natal d’Ajoua, à 180 km au Nord de Bagdad.

Je ne verserai pas une larme sur Saddam Hussein (même si je reste convaincu que toutes les vies, même celles des criminels, sont précieuses et méritent d’être protégées ; la peine de mort est une barbarie indéfendable) mais l’exécution de Saddam provoque interrogations et malaise.

Premièrement, cette mort met fin à toutes les autres poursuites engagées contre l'ancien président irakien. Après vingt-quatre ans de règne (1979-2003), la liste des crimes qui lui sont reprochés est longue.
Les explications de l’ex-dictateur sur le gazage des kurdes d'Haladja en 1988, l’envahissement du petit et riche voisin koweïtien, en 1990, provoquant la première guerre du Golfe, ou encore la meurtrière guerre contre l’Iran déclenchée en 1980 avec le soutien des Occidentaux, qui voyaient en lui un rempart contre le fondamentalisme de l’Imam Khomeiny, auraient été fort utiles pour la Reconstruction de l’Irak. L’exécution de l’ex-raïs prive l’Irak (et le monde) d’un regard sur son histoire récente et, surtout, sur ses tumultueuses relations avec ses amis occidentaux toujours disposés à troquer les Droits de l’Homme contre quelques barils de pétrole.
Mais comme d’habitude, en Irak comme partout ailleurs, seuls les vainqueurs (américains) écrivent l’Histoire.

Deuxièmement, si les autorités irakiennes et leurs alliés américains et britanniques voulaient élever Saddam Hussein au rang de « martyr », ils ne s’y prendraient pas autrement. En effet l'exécution de Saddam intervient le jour où débute l'Aïd el Adha, la grande fête musulmane du sacrifice. Une mise à mort malgré la coutume (même chiite) qui veut qu'aucune exécution n'ait lieu durant les fêtes religieuses. Pourquoi une telle précipitation alors que les autorités avaient un délai légal de trente jours pour faire appliquer la sentence ; elles avaient jusqu’au 26 janvier 2007, l'appel de Saddam Hussein ayant été rejeté le 26 décembre 2006. Une explication: les Américains ont, peut être, voulu faire une dernière petite faveur à leur « ami » Saddam qui écrivait peu après sa condamnation : « Je m'offre en sacrifice. Si Dieu le tout-puissant le désire, elle (mon âme) ira là où il me l'ordonnera, avec les martyrs ».

Enfin, Saddam Hussein a été jugé par un tribunal spécial créé en décembre 2003 par les envahisseurs américains pour, disaient-ils, « juger les crimes les plus graves commis par le régime baasiste ». De nombreux spécialistes du Droit n’ont eu de cesse de dénoncer l'illégalité de ce tribunal. Les conditions d’un procès équitable étaient loin d'être réunies. Peu importe. L’essentiel était d’avoir la tête de l’ex-raïs. Les chiites se sont vengés.

La justice du vainqueur toujours tentée par la loi du talion a souvent quelque chose de répugnant.

lundi 25 décembre 2006

Bondo nous a tourné le dos. « Alléluia !! » ; Oups, je veux dire « Al-hamdulillah »

Un miracle ! Oui un miracle s’est produit la nuit dernière. Il ne s’agit pas de la nativité de l’enfant Jesus mais du dénouement d’un cyclone nommé Bondo. Des rafales de vents de plus de 200 km/h lancés vers le canal de Mozambique ont littéralement fait demi-tour à l’approche de notre île.

Ouf, un grand ouuf !!! On a eu chaud ; on a beaucoup tremblé ; la semaine fut agitée ; le climat, lourd.
A la préfecture et dans les hautes sphères du pouvoir, les réunions d’urgence se sont succédées, les cellules de crise se sont multipliées. D’aucuns observèrent un vent de panique qui bouscula l’apathie de nos administrateurs. Comme pris d’une crise de panique à l’approche d’un danger inconnu et incontrôlable, ils ont, tels des bateleurs, enchaîné les mouvements tous azimuts. Du vent, rien que du vent. Pourtant ce n’est malheureusement pas la première fois que Mayotte devrait faire face à un risque de cette ampleur. En avril 1984, Kamissy avait balayé les habitations vétustes constitutives du paysage de nos villages et de nos bidonvilles. Fin 2006, les habitats de fortune sont encore légion partout dans l’île. Il faut croire qu’ici, on préfère gérer les urgences plutôt que d’éradiquer le mal par la racine.

La surexcitation des autorités contrastait fortement avec le calme et la sérénité de la population. Les Mahorais ont vaqué à leurs préoccupations quotidiennes. Tandis que les uns profitaient de ce weekend prolongé pour avancer leurs travaux dans les champs ( faut pas déconner, c’est la période idéale pour planter maïs et ambrevades ; la dépression de Brondo a eu comme avantage de bien arrosé le sol), les autres se sont affairés dans leurs préparatifs de Noël.

Dans cette terre d’Islam, l’Evangélisation est insidieuse. Dans nos écoles dites laïques, un catéchisme qui ne dit pas son nom pénètre en profondeur le subconscient de nos enfants. L’association naissance de Jesus égale cadeaux (du ciel) est une réussite. A charge à ces petits missionnaires de faire la croisade auprès de leurs parents. Qui prendrait le risque d’être ce mauvais parent des cours de récréation ayant refusé de dévaliser les rayons jouets de Cora, pour couvrir de cadeaux leurs jolis petits enfants qui ont été pourtant si sages ?
Pire encore, Noël nous impose le culte insupportable de l'Enfant-Roi conditionné aussi par les modèles et les slogans publicitaires qui polluent nos villes et nos postes de télévision. Mais il faut rappeler avec force, que le devoir des parents n'est pas d'aimer leurs enfants, c'est de les éduquer.

Décidemment, Christian Clavier, Gérard Jugnot et leurs acolytes ont raison : « le père noël est une ordure » au service du prosélytisme de l’Eglise et de la société de consommation.

Avec tout cela, on oublierait presque ces pauvres hadjs mahorais coincés en Naïroby. Des guides véreux ont oublié de leur obtenir un visa d’entrée en Arabie Saoudite. La bonne nouvelle c’est que nos pèlerins ont eu tout le temps de prier pour nous. Et Allah a exaucé leurs prières, le cyclone tropical Bondo tant redouté, a rebroussé chemin. Fin du miracle. Al-hamdullilah !!