Condamné à mort pour crimes contre l'humanité (massacre de 148 villageois chiites de Doujaïl) le 5 novembre dernier, Saddam Hussein, l’ex-raïs irakien a été pendu samedi matin quelque part à Bagdad. L’ancien président âgé de 69 ans, a été inhumé ce dimanche matin peu avant l'aube dans son village natal d’Ajoua, à 180 km au Nord de Bagdad.
Je ne verserai pas une larme sur Saddam Hussein (même si je reste convaincu que toutes les vies, même celles des criminels, sont précieuses et méritent d’être protégées ; la peine de mort est une barbarie indéfendable) mais l’exécution de Saddam provoque interrogations et malaise.
Premièrement, cette mort met fin à toutes les autres poursuites engagées contre l'ancien président irakien. Après vingt-quatre ans de règne (1979-2003), la liste des crimes qui lui sont reprochés est longue.
Je ne verserai pas une larme sur Saddam Hussein (même si je reste convaincu que toutes les vies, même celles des criminels, sont précieuses et méritent d’être protégées ; la peine de mort est une barbarie indéfendable) mais l’exécution de Saddam provoque interrogations et malaise.
Premièrement, cette mort met fin à toutes les autres poursuites engagées contre l'ancien président irakien. Après vingt-quatre ans de règne (1979-2003), la liste des crimes qui lui sont reprochés est longue.
Les explications de l’ex-dictateur sur le gazage des kurdes d'Haladja en 1988, l’envahissement du petit et riche voisin koweïtien, en 1990, provoquant la première guerre du Golfe, ou encore la meurtrière guerre contre l’Iran déclenchée en 1980 avec le soutien des Occidentaux, qui voyaient en lui un rempart contre le fondamentalisme de l’Imam Khomeiny, auraient été fort utiles pour la Reconstruction de l’Irak. L’exécution de l’ex-raïs prive l’Irak (et le monde) d’un regard sur son histoire récente et, surtout, sur ses tumultueuses relations avec ses amis occidentaux toujours disposés à troquer les Droits de l’Homme contre quelques barils de pétrole.
Mais comme d’habitude, en Irak comme partout ailleurs, seuls les vainqueurs (américains) écrivent l’Histoire.
Deuxièmement, si les autorités irakiennes et leurs alliés américains et britanniques voulaient élever Saddam Hussein au rang de « martyr », ils ne s’y prendraient pas autrement. En effet l'exécution de Saddam intervient le jour où débute l'Aïd el Adha, la grande fête musulmane du sacrifice. Une mise à mort malgré la coutume (même chiite) qui veut qu'aucune exécution n'ait lieu durant les fêtes religieuses. Pourquoi une telle précipitation alors que les autorités avaient un délai légal de trente jours pour faire appliquer la sentence ; elles avaient jusqu’au 26 janvier 2007, l'appel de Saddam Hussein ayant été rejeté le 26 décembre 2006. Une explication: les Américains ont, peut être, voulu faire une dernière petite faveur à leur « ami » Saddam qui écrivait peu après sa condamnation : « Je m'offre en sacrifice. Si Dieu le tout-puissant le désire, elle (mon âme) ira là où il me l'ordonnera, avec les martyrs ».
Enfin, Saddam Hussein a été jugé par un tribunal spécial créé en décembre 2003 par les envahisseurs américains pour, disaient-ils, « juger les crimes les plus graves commis par le régime baasiste ». De nombreux spécialistes du Droit n’ont eu de cesse de dénoncer l'illégalité de ce tribunal. Les conditions d’un procès équitable étaient loin d'être réunies. Peu importe. L’essentiel était d’avoir la tête de l’ex-raïs. Les chiites se sont vengés.
Mais comme d’habitude, en Irak comme partout ailleurs, seuls les vainqueurs (américains) écrivent l’Histoire.
Deuxièmement, si les autorités irakiennes et leurs alliés américains et britanniques voulaient élever Saddam Hussein au rang de « martyr », ils ne s’y prendraient pas autrement. En effet l'exécution de Saddam intervient le jour où débute l'Aïd el Adha, la grande fête musulmane du sacrifice. Une mise à mort malgré la coutume (même chiite) qui veut qu'aucune exécution n'ait lieu durant les fêtes religieuses. Pourquoi une telle précipitation alors que les autorités avaient un délai légal de trente jours pour faire appliquer la sentence ; elles avaient jusqu’au 26 janvier 2007, l'appel de Saddam Hussein ayant été rejeté le 26 décembre 2006. Une explication: les Américains ont, peut être, voulu faire une dernière petite faveur à leur « ami » Saddam qui écrivait peu après sa condamnation : « Je m'offre en sacrifice. Si Dieu le tout-puissant le désire, elle (mon âme) ira là où il me l'ordonnera, avec les martyrs ».
Enfin, Saddam Hussein a été jugé par un tribunal spécial créé en décembre 2003 par les envahisseurs américains pour, disaient-ils, « juger les crimes les plus graves commis par le régime baasiste ». De nombreux spécialistes du Droit n’ont eu de cesse de dénoncer l'illégalité de ce tribunal. Les conditions d’un procès équitable étaient loin d'être réunies. Peu importe. L’essentiel était d’avoir la tête de l’ex-raïs. Les chiites se sont vengés.
La justice du vainqueur toujours tentée par la loi du talion a souvent quelque chose de répugnant.
