jeudi 9 février 2006

Les musulmans blessés par les caricatures du prophète Mahomet ne décolèrent pas

Le 30 septembre 2005, le quotidien danois Jyllands Posten publie des caricatures blasphématoires du prophète Mahomet. La reproduction de ces dessins, le 10 janvier 2006, par le journal chrétien norvégien Magazinet a légitimement soulevé de violentes protestations dans le monde musulman. Car ces illustrations cherchent délibérément à se moquer gratuitement de l'image du prophète Mahomet et à insulter l’islam.

Cette provocation préméditée n’est porteuse d’aucune réflexion constructive. Pire, elle nuit au climat de sérénité nécessaire pour une relecture des textes religieux. Dans le contexte mondial actuel, montrer le prophète affublé d'un turban en forme de bombe à la mèche allumée, participe à cet insupportable amalgame entre musulmans et terroristes.

La liberté d’expression ne peut être confondue à une liberté d’offenser autrui. C’est pourquoi il faut aussi condamner, avec la même vigueur, le «concours international de dessin sur l'Holocauste» organisé par un quotidien iranien.
Que dire de ceux qui prostituent la sacro-sainte liberté d’expression pour s’offrir un coup publicitaire et un triomphe commercial. Les initiatives de France Soir et l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo sont scandaleuses. Ces journaux français ont eu la mauvaise inspiration de publier les douze caricatures dans leur édition du 1er février et du 8 février 2006 respectivement. Cette récupération mercantile a permis à Charlie Hebdo d’écouler 160 000 exemplaires en quelques heures l’obligeant à des retirages. Chose inquiétante car révélatrice d’une fracture profonde entre l’Occident et le monde musulman. Les blessures des musulmans restent encore incomprises par l’opinion occidentale.

Dans ces conditions, les timides « excuses pour le grand malentendu » présentées (ENFIN !!) ce jeudi 9 février 2006 par le quotidien danois sous pression, ne suffiront sans doute pas à apaiser la colère des musulmans.