samedi 14 janvier 2006

Femmes, je vous aime !!

Demain dimanche 15 janvier, « la chica superpoderosa » (« la fille superpuissante »), Michelle Bachelet sera, sans doute, élue présidente de la Chili. La candidate de la coalition de centre gauche (Conception Démocratique), est donnée par les sondages largement favorite du second tour des présidentielles. Cette divorcée, mère de 3 enfants (qu’elle élève seule) est créditée de 53% des suffrages contre 47% pour Sébastien Pinera, son adversaire, le candidat milliardaire de la droite modérée surnommé « le Berlusconi chilien ».
La très probable victoire de Mme Bachelet s’inscrit dans un irréversible mouvement mondial qui, progressivement, déboulonne les hommes du sommet de la pyramide du pouvoir politique. Conscientes de leurs forces et leur capacité à façonner les sociétés (au moins autant que les hommes), les femmes, partout dans le monde, se sont décidées de marquer de leur empreinte ce 21e siècle. N’en déplaise à ces mâles.
Dans cette guerre des sexes qui ne dit pas son nom, les femmes ont remporté des batailles significatives ces derniers temps. Souvenez-vous. Le 8 novembre 2005, une grand-mère de soixante sept ans, Ellen Johnson-Sirleaf accède à la magistrature suprême au Libéria. Elle écrasa au second tour du scrutin le favori des médias occidentaux et des jeunes désœuvrés des bidonvilles de Morovia, l'ancien footballeur George Weah. Elle devient la première femme chef d'État en Afrique. L’accession à l’Exécutive Mansion (présidence libérienne) de cette économiste de renommé international, diplômée de la prestigieuse école américaine Harvard, marque une nouvelle ère pour ce pays dont la brutalité des hommes comme Charles Taylor, William Tolbert ou encore Samuel Doe, a plongé dans une extrême pauvreté. Sa persévérance devrait inspirer les femmes du continent africain.
Après la Libéria, ce tsunami tout en string et porte-jarretelle balaya la très virile Allemagne. Le 22 novembre 2005 , Angela Merkel, « Angie » pour les intimes, devient, à cinquante et un ans, la première chancelière de l’Allemagne fédérale. Cette native de la RDA soviétique (elle est née le 17 juillet 1954 à Hambourg) commence sa carrière politique après la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989. Celle que la presse surnomme « la fille de Kohl » (elle fut la ministre de la Condition féminine et de la Jeunesse puis ministre de l’environnement de l’ancien chancelier Helmut Kohl) a remporté son bras de fer contre le chancelier sortant, Gerhard Schröder et s’est imposée à la tête du gouvernement de coalition SPD-CDU. Elle a la lourde tâche de sortir l’Allemagne du chômage et des déficits publics.
Ces succès de Mmes Johnson-Sirleaf et Merkel viennent après ceux, pas moins significatifs, de Benazir Bhutto (premier ministre du Pakistan en 1988, la première femme à occuper ce type de poste dans un pays musulman), Chandrika Kumaratunga (présidente de la Sri Lanka en 1994), Megawati Sukarnoputri ( présidente de l’Indonésie de 2001 à 2004) et Gloria Arroyo (présidente des Philippines depuis janvier 2001). Une distinction spéciale est à décerner à « the iron lady » Margaret Thatcher (premier ministre de la Grande Bretagne de 1979 à 1990) et à la fille unique de Nehru, Indira Gandhi (premier ministre de l’Inde de 1966 à 1977 puis de 1980 à1984).
Et la branche machiste de la gent masculine a des bonnes raisons de trembler. Des louves affamées rodent à la porte du pouvoir. Le déchaînement du « second sexe » doit placer, en 2008, Hillary Rodham (accessoirement, la femme d’un certain Bill Clinton), au poste de commandement de la première puissance mondiale, les Etats-Unis d’Amérique. En France, l’autre fille cachée de Mitterrand, Ségolène Royal, présidente du conseil régional de Poitou-Charentes depuis avril 2004, nourrit, elle aussi, des ambitions légitimes d’aménager à l’Elysée en 2007. La forte popularité de « Ségolène » (comme la nomment affectueusement les Français) a pris de vitesse les éléphants socialistes qui sont encore à se demander « qui va garder les enfants ? » dixit Laurent Fabius

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Moi aussi je les aime, Bravo pour le sujet et bravo pour le fond du texte.
Mohamed DJOUMOI

Anonyme a dit…

Salut Maou! Le sujet est intéressant, surtout la référence aux strings ;-))
Un vent de renouveau souffle sur la politique. Les femmes au pouvoir peuvent-elles objectivement changer la condition d'une grand-mère inca mendiant dans les rues de Santiago pour pouvoir acheter sa ration quotidienne de pain...pas aussi sûr...Quant à notre Ségolène nationale, n'oublie pas qu'elle reste la "femme de" Hollande. Et avec tout le respet que j'ai pour François, je ne suis pas sûr que ce duo sera vraiment novateur...Tu n'as pas parlé de "Tarja" Hulonen la présidente finlandaise qui devrait être réélue...Elle a gagné son pari de conquérir et séduire l'opinion mais c'est sans doute plus facile dans un pays prospère où, j'exagère un peu, il suffit de gérer des acquis plutôt que de mettre en place des réformes dans un pays en difficulté (Libéria, Chili, Pakistan...)...Tout ça pour dire que les politiciens mâles et femelles ont d'une manière générale fréquenter les mêmes bancs universitaires...Juste une mention pour la présidente libérienne qui heureusement pour son pays a devancé Mister George, l'amateur de belles voitures qui se pavane dans les rues de Monrovia au volant de sa Porsche...
Xaxou

Anonyme a dit…

Nous serions donc dans un monde de mâles, fait par des mâles pour des mâles. Dans ce genre de circonstance, il est normal que quelques amazones viennent rappeler que la moitié des Hommes sont des femmes (pub).
C’est à la mode en ce moment à chaque fois qu’un individu de sexe féminin atteind de haut niveau de responsabilité, la presse noircit des pages sur le sexe de la personne en question. Or nous dit-ailleurs ( selon certaines théories du moins) que depuis le passage des grands singes à l’homme sapiens-sapiens, l’Homme n’a pas tellement changé. On connaît l’anatomie de son sexe. Par conséquent si une publication porte le titre du genre « le sexe comme vous ne l’avez jamais vu », on peut-être certain que c’est de l’arnaque.
D’où les questions : comment sommes-nous arrivés là ? Pourquoi le sexe de nos responsables (politiques, administratives…) serait plus important que la couleur de leurs cheveux ? Et pourquoi pas la couleur des yeux tant qu’on y est ?
On connaît le sexe d’ une telle responsable politique des îles Galapados ! A quand connaitront ses idées, son programme… ?
Bref, je ne crainds hélas que l’importance donner au sexe des décideurs ne témoigne qu’une chose : ces décideurs ne décident plus rien. Nous serions plus dans un gros porteur avec pilote automatique ; il est vrai que dans ce genre situation n’importe qui peut se voir en commende de bord.

Allez les femmes !

Ibrahim Ahmed