dimanche 22 janvier 2006

Boubacar et Mohamed sacrifiés à l’étalage de l’opulence occidentale

Personne ne se souvient déjà plus d’eux. Ils étaient pourtant trop jeunes pour mourir. Trop innocents aussi pour que l’on ôte leur vie d’une manière si cruelle. Le Guinéen Boubacar Diallo (12 ans) et le Sénégalais Mohamed Ndaw (14 ans) sont les deux dernières victimes du rallye Paris-Dakar, une entreprise indécente qui humilie l’Afrique et tue ses enfants depuis 1978, date de sa création.

Dans les contrées perdues du continent noir, une fois par an, un club de riches en quête de sensations fortes vient y exhiber, sans pudeur, le luxe et la puissance technologique de l’Occident au nez de populations affamées pour qui survivre est un défit quotidien.
Boubacar et Mohamed ont eu, tous les deux, le tort de se mettre, durant quelques secondes, au travers de la route (de la piste, devrais-je dire) de cette armada d’acier qui parade dans les villages de l’Afrique.

Après un peu plus de vingt ans d’existance, force est de constater que ce barnum est une véritable hécatombe. Il a fait près de cinquante morts dont plus d’une dizaine de spectateurs.
Même quand ça concerne un Fabrizio Méoni (tué en 2005) ou de Thierry Sabine et Daniel Balavoine (tués en 1986), c’est-à-dire des amateurs de vitesse fortunés, en mal d’aventures, conscients des dangers et du prix à payer pour assouvir leur passion violente, la perte d’une vie humaine est toujours regrettable. Mais sacrifier la vie d’un Boubacar ou d’un Mohamed, des garçonnets innocents, parce qu’on veut offrir une vitrine mondiale à des multinationales du pétrole ou d’automobile, via des médias comme France-télévision, est inacceptable. Cela dépasse l’entendement. C’est inhumain.

L’apathie complice des autorités africaines est tout aussi inadmissible. Les dirigeants africains, pour avoir le droit de ramasser les miettes dérisoires que leur jette cette honteuse caravane, ont le cynisme de fermer les yeux. Ils oublient que le Salut de l’Afrique est dans les mains des Boubacar et des Mohamed. C’est dommage. C’est criminel à plus d’un titre.

samedi 14 janvier 2006

Femmes, je vous aime !!

Demain dimanche 15 janvier, « la chica superpoderosa » (« la fille superpuissante »), Michelle Bachelet sera, sans doute, élue présidente de la Chili. La candidate de la coalition de centre gauche (Conception Démocratique), est donnée par les sondages largement favorite du second tour des présidentielles. Cette divorcée, mère de 3 enfants (qu’elle élève seule) est créditée de 53% des suffrages contre 47% pour Sébastien Pinera, son adversaire, le candidat milliardaire de la droite modérée surnommé « le Berlusconi chilien ».
La très probable victoire de Mme Bachelet s’inscrit dans un irréversible mouvement mondial qui, progressivement, déboulonne les hommes du sommet de la pyramide du pouvoir politique. Conscientes de leurs forces et leur capacité à façonner les sociétés (au moins autant que les hommes), les femmes, partout dans le monde, se sont décidées de marquer de leur empreinte ce 21e siècle. N’en déplaise à ces mâles.
Dans cette guerre des sexes qui ne dit pas son nom, les femmes ont remporté des batailles significatives ces derniers temps. Souvenez-vous. Le 8 novembre 2005, une grand-mère de soixante sept ans, Ellen Johnson-Sirleaf accède à la magistrature suprême au Libéria. Elle écrasa au second tour du scrutin le favori des médias occidentaux et des jeunes désœuvrés des bidonvilles de Morovia, l'ancien footballeur George Weah. Elle devient la première femme chef d'État en Afrique. L’accession à l’Exécutive Mansion (présidence libérienne) de cette économiste de renommé international, diplômée de la prestigieuse école américaine Harvard, marque une nouvelle ère pour ce pays dont la brutalité des hommes comme Charles Taylor, William Tolbert ou encore Samuel Doe, a plongé dans une extrême pauvreté. Sa persévérance devrait inspirer les femmes du continent africain.
Après la Libéria, ce tsunami tout en string et porte-jarretelle balaya la très virile Allemagne. Le 22 novembre 2005 , Angela Merkel, « Angie » pour les intimes, devient, à cinquante et un ans, la première chancelière de l’Allemagne fédérale. Cette native de la RDA soviétique (elle est née le 17 juillet 1954 à Hambourg) commence sa carrière politique après la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989. Celle que la presse surnomme « la fille de Kohl » (elle fut la ministre de la Condition féminine et de la Jeunesse puis ministre de l’environnement de l’ancien chancelier Helmut Kohl) a remporté son bras de fer contre le chancelier sortant, Gerhard Schröder et s’est imposée à la tête du gouvernement de coalition SPD-CDU. Elle a la lourde tâche de sortir l’Allemagne du chômage et des déficits publics.
Ces succès de Mmes Johnson-Sirleaf et Merkel viennent après ceux, pas moins significatifs, de Benazir Bhutto (premier ministre du Pakistan en 1988, la première femme à occuper ce type de poste dans un pays musulman), Chandrika Kumaratunga (présidente de la Sri Lanka en 1994), Megawati Sukarnoputri ( présidente de l’Indonésie de 2001 à 2004) et Gloria Arroyo (présidente des Philippines depuis janvier 2001). Une distinction spéciale est à décerner à « the iron lady » Margaret Thatcher (premier ministre de la Grande Bretagne de 1979 à 1990) et à la fille unique de Nehru, Indira Gandhi (premier ministre de l’Inde de 1966 à 1977 puis de 1980 à1984).
Et la branche machiste de la gent masculine a des bonnes raisons de trembler. Des louves affamées rodent à la porte du pouvoir. Le déchaînement du « second sexe » doit placer, en 2008, Hillary Rodham (accessoirement, la femme d’un certain Bill Clinton), au poste de commandement de la première puissance mondiale, les Etats-Unis d’Amérique. En France, l’autre fille cachée de Mitterrand, Ségolène Royal, présidente du conseil régional de Poitou-Charentes depuis avril 2004, nourrit, elle aussi, des ambitions légitimes d’aménager à l’Elysée en 2007. La forte popularité de « Ségolène » (comme la nomment affectueusement les Français) a pris de vitesse les éléphants socialistes qui sont encore à se demander « qui va garder les enfants ? » dixit Laurent Fabius

mercredi 11 janvier 2006

Mayotte : Aïd moubarak, Allez l’OM !!!!!

Ce mercredi est jour férié à Mayotte (Collectivité départementale de la République Française, située dans le canal de Mozambique, au nord ouest de Madagascar, dans l’océan indien). C’est un jour de fête officiel pour permettre aux Mahorais de célébrer l’aïd-el-kébir encore appelée Aïd-el-adha (fête du sacrifice), une des fêtes les plus importantes pour les musulmans qui commémorent la soumission d’Abraham prêt à sacrifier son fils Ismaël pour prouver sa foi à Allah.
Mais comme tous les ans, cette fête est célébrée à Mayotte dans une affligeante discorde. La date de cette fête est très discutée.
Passant outre l’injonction du Grand cadi (la plus haute autorité religieuse de Mayotte), certains villages ont célébré l’aïd, hier mardi, arguant que 1) c’est ce jour que les pèlerins ont lapidé les 3 stèles symbolisants Satan et accompli le rite du sacrifice en égorgeant des moutons (dernier jour du pèlerinage) ; et 2) hier c’était aussi le lendemain du jeûne à l’occasion du Jour d’Arafa.
Le Grand cadi, quant à lui, en bon gardien de la tradition, martèle qu’à Mayotte mais aussi à dans les îles de l’Union des Comores, la fête est toujours célébrée avec un jour de retard par rapport à la Mecque.
Mais cette querelle stérile gâche inutilement la fête. Elle est d’autant plus inacceptable qu’un terrain d’entente est possible dans la mesure où les trois jours qui suivent le Jour d’Arafa sont tous des jours de fête.
Ces divergences, les Mahorais les oublieront ce soir. Devant leur poste de télévision, ils vibreront, à l’unisson, au rythme des passements de jambes et des courses croisées de leur compatriote le néo-marseillais Toifilou Maoulida. En effet, Maoulida aura la lourde tâche de remplacer le sénégalais Niang à la pointe de l'attaque de l’Olympique de Marseille qui, à l’occasion de la 21e journée du championnat de France de football, défie l’OL à Gerland.
Quant à moi, ce soir à 20H30, je serai dans les tribunes Jean Bouin du stade de Gerland pour user mes cordes vocales aux chants d’ALLEZ l’OM ! ALLEZ l’OM ! ALLEZ TOIFILOU !!!!

mardi 10 janvier 2006

Mes meilleurs voeux

Bonne fête de l'aïd et bonne année 2006 à tous.