dimanche 31 décembre 2006

La tête de Saddam Hussein offerte en sacrifice

Condamné à mort pour crimes contre l'humanité (massacre de 148 villageois chiites de Doujaïl) le 5 novembre dernier, Saddam Hussein, l’ex-raïs irakien a été pendu samedi matin quelque part à Bagdad. L’ancien président âgé de 69 ans, a été inhumé ce dimanche matin peu avant l'aube dans son village natal d’Ajoua, à 180 km au Nord de Bagdad.

Je ne verserai pas une larme sur Saddam Hussein (même si je reste convaincu que toutes les vies, même celles des criminels, sont précieuses et méritent d’être protégées ; la peine de mort est une barbarie indéfendable) mais l’exécution de Saddam provoque interrogations et malaise.

Premièrement, cette mort met fin à toutes les autres poursuites engagées contre l'ancien président irakien. Après vingt-quatre ans de règne (1979-2003), la liste des crimes qui lui sont reprochés est longue.
Les explications de l’ex-dictateur sur le gazage des kurdes d'Haladja en 1988, l’envahissement du petit et riche voisin koweïtien, en 1990, provoquant la première guerre du Golfe, ou encore la meurtrière guerre contre l’Iran déclenchée en 1980 avec le soutien des Occidentaux, qui voyaient en lui un rempart contre le fondamentalisme de l’Imam Khomeiny, auraient été fort utiles pour la Reconstruction de l’Irak. L’exécution de l’ex-raïs prive l’Irak (et le monde) d’un regard sur son histoire récente et, surtout, sur ses tumultueuses relations avec ses amis occidentaux toujours disposés à troquer les Droits de l’Homme contre quelques barils de pétrole.
Mais comme d’habitude, en Irak comme partout ailleurs, seuls les vainqueurs (américains) écrivent l’Histoire.

Deuxièmement, si les autorités irakiennes et leurs alliés américains et britanniques voulaient élever Saddam Hussein au rang de « martyr », ils ne s’y prendraient pas autrement. En effet l'exécution de Saddam intervient le jour où débute l'Aïd el Adha, la grande fête musulmane du sacrifice. Une mise à mort malgré la coutume (même chiite) qui veut qu'aucune exécution n'ait lieu durant les fêtes religieuses. Pourquoi une telle précipitation alors que les autorités avaient un délai légal de trente jours pour faire appliquer la sentence ; elles avaient jusqu’au 26 janvier 2007, l'appel de Saddam Hussein ayant été rejeté le 26 décembre 2006. Une explication: les Américains ont, peut être, voulu faire une dernière petite faveur à leur « ami » Saddam qui écrivait peu après sa condamnation : « Je m'offre en sacrifice. Si Dieu le tout-puissant le désire, elle (mon âme) ira là où il me l'ordonnera, avec les martyrs ».

Enfin, Saddam Hussein a été jugé par un tribunal spécial créé en décembre 2003 par les envahisseurs américains pour, disaient-ils, « juger les crimes les plus graves commis par le régime baasiste ». De nombreux spécialistes du Droit n’ont eu de cesse de dénoncer l'illégalité de ce tribunal. Les conditions d’un procès équitable étaient loin d'être réunies. Peu importe. L’essentiel était d’avoir la tête de l’ex-raïs. Les chiites se sont vengés.

La justice du vainqueur toujours tentée par la loi du talion a souvent quelque chose de répugnant.

lundi 25 décembre 2006

Bondo nous a tourné le dos. « Alléluia !! » ; Oups, je veux dire « Al-hamdulillah »

Un miracle ! Oui un miracle s’est produit la nuit dernière. Il ne s’agit pas de la nativité de l’enfant Jesus mais du dénouement d’un cyclone nommé Bondo. Des rafales de vents de plus de 200 km/h lancés vers le canal de Mozambique ont littéralement fait demi-tour à l’approche de notre île.

Ouf, un grand ouuf !!! On a eu chaud ; on a beaucoup tremblé ; la semaine fut agitée ; le climat, lourd.
A la préfecture et dans les hautes sphères du pouvoir, les réunions d’urgence se sont succédées, les cellules de crise se sont multipliées. D’aucuns observèrent un vent de panique qui bouscula l’apathie de nos administrateurs. Comme pris d’une crise de panique à l’approche d’un danger inconnu et incontrôlable, ils ont, tels des bateleurs, enchaîné les mouvements tous azimuts. Du vent, rien que du vent. Pourtant ce n’est malheureusement pas la première fois que Mayotte devrait faire face à un risque de cette ampleur. En avril 1984, Kamissy avait balayé les habitations vétustes constitutives du paysage de nos villages et de nos bidonvilles. Fin 2006, les habitats de fortune sont encore légion partout dans l’île. Il faut croire qu’ici, on préfère gérer les urgences plutôt que d’éradiquer le mal par la racine.

La surexcitation des autorités contrastait fortement avec le calme et la sérénité de la population. Les Mahorais ont vaqué à leurs préoccupations quotidiennes. Tandis que les uns profitaient de ce weekend prolongé pour avancer leurs travaux dans les champs ( faut pas déconner, c’est la période idéale pour planter maïs et ambrevades ; la dépression de Brondo a eu comme avantage de bien arrosé le sol), les autres se sont affairés dans leurs préparatifs de Noël.

Dans cette terre d’Islam, l’Evangélisation est insidieuse. Dans nos écoles dites laïques, un catéchisme qui ne dit pas son nom pénètre en profondeur le subconscient de nos enfants. L’association naissance de Jesus égale cadeaux (du ciel) est une réussite. A charge à ces petits missionnaires de faire la croisade auprès de leurs parents. Qui prendrait le risque d’être ce mauvais parent des cours de récréation ayant refusé de dévaliser les rayons jouets de Cora, pour couvrir de cadeaux leurs jolis petits enfants qui ont été pourtant si sages ?
Pire encore, Noël nous impose le culte insupportable de l'Enfant-Roi conditionné aussi par les modèles et les slogans publicitaires qui polluent nos villes et nos postes de télévision. Mais il faut rappeler avec force, que le devoir des parents n'est pas d'aimer leurs enfants, c'est de les éduquer.

Décidemment, Christian Clavier, Gérard Jugnot et leurs acolytes ont raison : « le père noël est une ordure » au service du prosélytisme de l’Eglise et de la société de consommation.

Avec tout cela, on oublierait presque ces pauvres hadjs mahorais coincés en Naïroby. Des guides véreux ont oublié de leur obtenir un visa d’entrée en Arabie Saoudite. La bonne nouvelle c’est que nos pèlerins ont eu tout le temps de prier pour nous. Et Allah a exaucé leurs prières, le cyclone tropical Bondo tant redouté, a rebroussé chemin. Fin du miracle. Al-hamdullilah !!

jeudi 30 mars 2006

CPE: La nostalgie militante face à la modernisation de la France

Comme toujours, une minorité active refusant de s'adapter au monde moderne paralyse la France. Sur cette histoire de CPE, Dominique de Villepin se heurte à ces esprits rigides qui ont comme seules références les temps glorieux de la France. Ils s'enferment dans une France idéalisée qui serait imperméable à aucune des évolutions du monde.
Le CPE cristallise les peurs irrationnelles de ceux qui systématiquement tournent le dos à un monde en pleine mutation. Ceux-là même qui disent NON à tout.
Le devoir du Premier ministre est non pas de conforter les acquis de ceux qui ont du travail mais de faciliter l'entrée à la vie active à quelques 10% de la population active de ce pays. Le CPE contribue à la réalisation de cet objectif de la nation toute entière. C'est donc au nom de l'intérêt général que Dominique de Villepin est, et doit rester inflexible face à l'opportunisme des organisations syndicales et à l'instrumentalisation du CPE à des fins électoralistes.
La frilosité des pouvoirs publics à mettre fin au blocage des universités par une poignée d'étudiants qui rêvent de la France de leurs parents et de leurs grands parents, est une faute qu'il convient de corriger sans délais.

jeudi 9 février 2006

Les musulmans blessés par les caricatures du prophète Mahomet ne décolèrent pas

Le 30 septembre 2005, le quotidien danois Jyllands Posten publie des caricatures blasphématoires du prophète Mahomet. La reproduction de ces dessins, le 10 janvier 2006, par le journal chrétien norvégien Magazinet a légitimement soulevé de violentes protestations dans le monde musulman. Car ces illustrations cherchent délibérément à se moquer gratuitement de l'image du prophète Mahomet et à insulter l’islam.

Cette provocation préméditée n’est porteuse d’aucune réflexion constructive. Pire, elle nuit au climat de sérénité nécessaire pour une relecture des textes religieux. Dans le contexte mondial actuel, montrer le prophète affublé d'un turban en forme de bombe à la mèche allumée, participe à cet insupportable amalgame entre musulmans et terroristes.

La liberté d’expression ne peut être confondue à une liberté d’offenser autrui. C’est pourquoi il faut aussi condamner, avec la même vigueur, le «concours international de dessin sur l'Holocauste» organisé par un quotidien iranien.
Que dire de ceux qui prostituent la sacro-sainte liberté d’expression pour s’offrir un coup publicitaire et un triomphe commercial. Les initiatives de France Soir et l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo sont scandaleuses. Ces journaux français ont eu la mauvaise inspiration de publier les douze caricatures dans leur édition du 1er février et du 8 février 2006 respectivement. Cette récupération mercantile a permis à Charlie Hebdo d’écouler 160 000 exemplaires en quelques heures l’obligeant à des retirages. Chose inquiétante car révélatrice d’une fracture profonde entre l’Occident et le monde musulman. Les blessures des musulmans restent encore incomprises par l’opinion occidentale.

Dans ces conditions, les timides « excuses pour le grand malentendu » présentées (ENFIN !!) ce jeudi 9 février 2006 par le quotidien danois sous pression, ne suffiront sans doute pas à apaiser la colère des musulmans.

dimanche 22 janvier 2006

Boubacar et Mohamed sacrifiés à l’étalage de l’opulence occidentale

Personne ne se souvient déjà plus d’eux. Ils étaient pourtant trop jeunes pour mourir. Trop innocents aussi pour que l’on ôte leur vie d’une manière si cruelle. Le Guinéen Boubacar Diallo (12 ans) et le Sénégalais Mohamed Ndaw (14 ans) sont les deux dernières victimes du rallye Paris-Dakar, une entreprise indécente qui humilie l’Afrique et tue ses enfants depuis 1978, date de sa création.

Dans les contrées perdues du continent noir, une fois par an, un club de riches en quête de sensations fortes vient y exhiber, sans pudeur, le luxe et la puissance technologique de l’Occident au nez de populations affamées pour qui survivre est un défit quotidien.
Boubacar et Mohamed ont eu, tous les deux, le tort de se mettre, durant quelques secondes, au travers de la route (de la piste, devrais-je dire) de cette armada d’acier qui parade dans les villages de l’Afrique.

Après un peu plus de vingt ans d’existance, force est de constater que ce barnum est une véritable hécatombe. Il a fait près de cinquante morts dont plus d’une dizaine de spectateurs.
Même quand ça concerne un Fabrizio Méoni (tué en 2005) ou de Thierry Sabine et Daniel Balavoine (tués en 1986), c’est-à-dire des amateurs de vitesse fortunés, en mal d’aventures, conscients des dangers et du prix à payer pour assouvir leur passion violente, la perte d’une vie humaine est toujours regrettable. Mais sacrifier la vie d’un Boubacar ou d’un Mohamed, des garçonnets innocents, parce qu’on veut offrir une vitrine mondiale à des multinationales du pétrole ou d’automobile, via des médias comme France-télévision, est inacceptable. Cela dépasse l’entendement. C’est inhumain.

L’apathie complice des autorités africaines est tout aussi inadmissible. Les dirigeants africains, pour avoir le droit de ramasser les miettes dérisoires que leur jette cette honteuse caravane, ont le cynisme de fermer les yeux. Ils oublient que le Salut de l’Afrique est dans les mains des Boubacar et des Mohamed. C’est dommage. C’est criminel à plus d’un titre.

samedi 14 janvier 2006

Femmes, je vous aime !!

Demain dimanche 15 janvier, « la chica superpoderosa » (« la fille superpuissante »), Michelle Bachelet sera, sans doute, élue présidente de la Chili. La candidate de la coalition de centre gauche (Conception Démocratique), est donnée par les sondages largement favorite du second tour des présidentielles. Cette divorcée, mère de 3 enfants (qu’elle élève seule) est créditée de 53% des suffrages contre 47% pour Sébastien Pinera, son adversaire, le candidat milliardaire de la droite modérée surnommé « le Berlusconi chilien ».
La très probable victoire de Mme Bachelet s’inscrit dans un irréversible mouvement mondial qui, progressivement, déboulonne les hommes du sommet de la pyramide du pouvoir politique. Conscientes de leurs forces et leur capacité à façonner les sociétés (au moins autant que les hommes), les femmes, partout dans le monde, se sont décidées de marquer de leur empreinte ce 21e siècle. N’en déplaise à ces mâles.
Dans cette guerre des sexes qui ne dit pas son nom, les femmes ont remporté des batailles significatives ces derniers temps. Souvenez-vous. Le 8 novembre 2005, une grand-mère de soixante sept ans, Ellen Johnson-Sirleaf accède à la magistrature suprême au Libéria. Elle écrasa au second tour du scrutin le favori des médias occidentaux et des jeunes désœuvrés des bidonvilles de Morovia, l'ancien footballeur George Weah. Elle devient la première femme chef d'État en Afrique. L’accession à l’Exécutive Mansion (présidence libérienne) de cette économiste de renommé international, diplômée de la prestigieuse école américaine Harvard, marque une nouvelle ère pour ce pays dont la brutalité des hommes comme Charles Taylor, William Tolbert ou encore Samuel Doe, a plongé dans une extrême pauvreté. Sa persévérance devrait inspirer les femmes du continent africain.
Après la Libéria, ce tsunami tout en string et porte-jarretelle balaya la très virile Allemagne. Le 22 novembre 2005 , Angela Merkel, « Angie » pour les intimes, devient, à cinquante et un ans, la première chancelière de l’Allemagne fédérale. Cette native de la RDA soviétique (elle est née le 17 juillet 1954 à Hambourg) commence sa carrière politique après la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989. Celle que la presse surnomme « la fille de Kohl » (elle fut la ministre de la Condition féminine et de la Jeunesse puis ministre de l’environnement de l’ancien chancelier Helmut Kohl) a remporté son bras de fer contre le chancelier sortant, Gerhard Schröder et s’est imposée à la tête du gouvernement de coalition SPD-CDU. Elle a la lourde tâche de sortir l’Allemagne du chômage et des déficits publics.
Ces succès de Mmes Johnson-Sirleaf et Merkel viennent après ceux, pas moins significatifs, de Benazir Bhutto (premier ministre du Pakistan en 1988, la première femme à occuper ce type de poste dans un pays musulman), Chandrika Kumaratunga (présidente de la Sri Lanka en 1994), Megawati Sukarnoputri ( présidente de l’Indonésie de 2001 à 2004) et Gloria Arroyo (présidente des Philippines depuis janvier 2001). Une distinction spéciale est à décerner à « the iron lady » Margaret Thatcher (premier ministre de la Grande Bretagne de 1979 à 1990) et à la fille unique de Nehru, Indira Gandhi (premier ministre de l’Inde de 1966 à 1977 puis de 1980 à1984).
Et la branche machiste de la gent masculine a des bonnes raisons de trembler. Des louves affamées rodent à la porte du pouvoir. Le déchaînement du « second sexe » doit placer, en 2008, Hillary Rodham (accessoirement, la femme d’un certain Bill Clinton), au poste de commandement de la première puissance mondiale, les Etats-Unis d’Amérique. En France, l’autre fille cachée de Mitterrand, Ségolène Royal, présidente du conseil régional de Poitou-Charentes depuis avril 2004, nourrit, elle aussi, des ambitions légitimes d’aménager à l’Elysée en 2007. La forte popularité de « Ségolène » (comme la nomment affectueusement les Français) a pris de vitesse les éléphants socialistes qui sont encore à se demander « qui va garder les enfants ? » dixit Laurent Fabius

mercredi 11 janvier 2006

Mayotte : Aïd moubarak, Allez l’OM !!!!!

Ce mercredi est jour férié à Mayotte (Collectivité départementale de la République Française, située dans le canal de Mozambique, au nord ouest de Madagascar, dans l’océan indien). C’est un jour de fête officiel pour permettre aux Mahorais de célébrer l’aïd-el-kébir encore appelée Aïd-el-adha (fête du sacrifice), une des fêtes les plus importantes pour les musulmans qui commémorent la soumission d’Abraham prêt à sacrifier son fils Ismaël pour prouver sa foi à Allah.
Mais comme tous les ans, cette fête est célébrée à Mayotte dans une affligeante discorde. La date de cette fête est très discutée.
Passant outre l’injonction du Grand cadi (la plus haute autorité religieuse de Mayotte), certains villages ont célébré l’aïd, hier mardi, arguant que 1) c’est ce jour que les pèlerins ont lapidé les 3 stèles symbolisants Satan et accompli le rite du sacrifice en égorgeant des moutons (dernier jour du pèlerinage) ; et 2) hier c’était aussi le lendemain du jeûne à l’occasion du Jour d’Arafa.
Le Grand cadi, quant à lui, en bon gardien de la tradition, martèle qu’à Mayotte mais aussi à dans les îles de l’Union des Comores, la fête est toujours célébrée avec un jour de retard par rapport à la Mecque.
Mais cette querelle stérile gâche inutilement la fête. Elle est d’autant plus inacceptable qu’un terrain d’entente est possible dans la mesure où les trois jours qui suivent le Jour d’Arafa sont tous des jours de fête.
Ces divergences, les Mahorais les oublieront ce soir. Devant leur poste de télévision, ils vibreront, à l’unisson, au rythme des passements de jambes et des courses croisées de leur compatriote le néo-marseillais Toifilou Maoulida. En effet, Maoulida aura la lourde tâche de remplacer le sénégalais Niang à la pointe de l'attaque de l’Olympique de Marseille qui, à l’occasion de la 21e journée du championnat de France de football, défie l’OL à Gerland.
Quant à moi, ce soir à 20H30, je serai dans les tribunes Jean Bouin du stade de Gerland pour user mes cordes vocales aux chants d’ALLEZ l’OM ! ALLEZ l’OM ! ALLEZ TOIFILOU !!!!

mardi 10 janvier 2006

Mes meilleurs voeux

Bonne fête de l'aïd et bonne année 2006 à tous.